Bougies, baumes, cosmétiques, emballages alimentaires réutilisables : la cire d’abeille est présente dans de nombreux objets du quotidien. Mais savez-vous d’où elle vient vraiment ? Contrairement à une idée répandue, elle n’est pas récoltée dans les fleurs. Elle est fabriquée par les abeilles elles-mêmes, dans leur propre corps.
Plongeons dans la ruche pour comprendre comment ce matériau étonnant est produit et transformé en architecture parfaite.
Des glandes sous l’abdomen
Les abeilles ouvrières possèdent quatre paires de glandes cirières situées sur la face inférieure de leur abdomen. Ces glandes sont surtout actives chez les jeunes ouvrières, généralement âgées de deux à trois semaines environ. À cet âge, elles occupent dans la colonie le rôle de bâtisseuses.
La cire est sécrétée sous forme liquide, puis durcit au contact de l’air en formant de minuscules écailles translucides, plus petites qu’un grain de riz. Il en faut des centaines de milliers pour produire une petite quantité de cire.
Une production très coûteuse
Fabriquer de la cire demande énormément d’énergie. Pour la produire, les abeilles consomment du miel, qu’elles transforment grâce à leur métabolisme. On estime généralement qu’il faut plusieurs kilos de miel pour obtenir un seul kilo de cire. Les cirières doivent aussi maintenir une température élevée, autour de 33 à 36 °C, en se regroupant en chaînettes serrées dans la ruche.
C’est pourquoi les apiculteurs veillent à ne pas gaspiller la cire et la recyclent souvent sous forme de feuilles gaufrées qu’ils replacent dans les cadres.
Du flocon à l’alvéole
- Récupération : l’ouvrière saisit les écailles de cire avec les poils de ses pattes arrière.
- Transfert : elle les fait passer vers ses pattes avant puis vers sa bouche.
- Malaxage : avec ses mandibules, elle mâche la cire et la mélange à des sécrétions, ce qui la rend souple et malléable.
- Construction : elle dépose la cire et la modèle pour former les parois des alvéoles, en coopération avec de nombreuses autres ouvrières.
Pourquoi des alvéoles hexagonales ?
Les rayons de la ruche sont composés de milliers d’alvéoles à six côtés. Cette forme hexagonale est l’une des plus efficaces de la nature : elle permet de couvrir une surface sans laisser d’espace vide, tout en utilisant un minimum de matériau pour une solidité maximale. Les parois ne mesurent qu’une fraction de millimètre d’épaisseur et pourtant, un rayon peut supporter un poids de miel bien supérieur au sien.
Les scientifiques pensent que les abeilles construisent d’abord des cellules plutôt arrondies, que la chaleur de la ruche et les tensions de la cire transforment ensuite en hexagones réguliers.
À quoi servent les alvéoles ?
- Stocker le miel, operculé ensuite par un couvercle de cire.
- Conserver le pollen, tassé au fond des cellules : c’est le « pain d’abeille ».
- Élever le couvain : la reine pond un œuf par alvéole, et les larves s’y développent jusqu’à devenir adultes.
Les alvéoles destinées aux mâles, les faux-bourdons, sont un peu plus grandes que celles des ouvrières, et les cellules royales prennent une forme allongée très particulière.
La couleur de la cire
La cire fraîche est presque blanche. Elle se colore progressivement en jaune, puis en brun, sous l’effet du pollen, de la propolis et du passage répété des larves dans les alvéoles. C’est pourquoi la cire d’opercules, récente, est plus claire et très recherchée.
Comment soutenir les abeilles
- Plantez des fleurs mellifères variées qui fleurissent du printemps à l’automne.
- Évitez les pesticides, surtout pendant la floraison.
- Laissez quelques zones de fleurs sauvages dans le jardin.
- Achetez du miel et de la cire auprès d’apiculteurs locaux.
- Pensez aussi aux abeilles sauvages en installant des abris adaptés.
Questions fréquentes
Toutes les abeilles produisent-elles de la cire ? Chez l’abeille domestique, seules les ouvrières en produisent. La reine et les faux-bourdons n’ont pas de glandes cirières fonctionnelles.
La cire contient-elle du pollen ? La cire pure n’en contient pas, mais celle des vieux rayons peut en renfermer des traces.