On les entend souvent avant de les voir : un tambourinage sec et rapide qui résonne dans la forêt. Les pics sont des oiseaux fascinants, parfaitement adaptés à la vie sur les troncs. En France, plusieurs espèces cohabitent, du grand pic noir, de la taille d’une corneille, au minuscule pic épeichette, à peine plus gros qu’un moineau.
Voici comment les reconnaître, et pourquoi ils jouent un rôle essentiel pour toute la faune forestière.
Des oiseaux taillés pour le bois
Les pics possèdent un bec droit et puissant qui leur sert de ciseau, une langue très longue et collante pour attraper les larves au fond des galeries, et des plumes de queue rigides qui leur servent d’appui contre le tronc. Leurs pattes ont deux doigts dirigés vers l’avant et deux vers l’arrière pour une prise solide. Leur crâne est aussi structuré pour amortir les chocs répétés.
Les pics de France, du plus grand au plus petit
Le pic noir (40–46 cm)
C’est le plus grand pic d’Europe. Entièrement noir avec une calotte rouge (limitée à la nuque chez la femelle), il fréquente les grandes forêts de hêtres et de conifères. Ses loges ovales sont très larges.
Le pic vert (30–36 cm)
Vert olive avec une calotte rouge et un « masque » noir, il se nourrit souvent au sol, où il recherche les fourmis. Son cri, semblable à un rire sonore, est caractéristique. On le croise dans les parcs, vergers et jardins.
Le pic cendré (27–32 cm)
Proche du pic vert mais plus discret, avec une tête grise, il est plus rare et fréquente surtout les forêts de feuillus de l’est de la France.
Le pic épeiche (23–26 cm)
Le plus commun. Noir et blanc avec du rouge sous la queue, il visite volontiers les mangeoires en hiver. Son tambourinage est très fréquent au printemps.
Le pic mar (19–22 cm)
Ressemblant au pic épeiche, il s’en distingue par sa calotte entièrement rouge et son allure plus douce. Il apprécie les vieilles chênaies, où il cherche les insectes dans les écorces crevassées.
Le pic épeichette (14–16 cm)
Le plus petit pic de France. Discret, il explore les fines branches à la cime des arbres. Il est en déclin dans de nombreuses régions.
D’autres espèces existent localement, comme le pic à dos blanc dans les Pyrénées ou le pic tridactyle en montagne, ainsi que le torcol, petit cousin migrateur.
Que mangent les pics ?
La plupart se nourrissent de larves d’insectes xylophages vivant dans le bois, de fourmis, de chenilles et d’araignées. En hiver, certains consomment aussi des graines, des noisettes et des fruits. Le pic épeiche peut même coincer des pommes de pin dans une fente d’écorce pour en extraire les graines.
Les loges : un service rendu à toute la forêt
Chaque année, les pics creusent de nouvelles cavités pour nicher. Une loge peut atteindre une profondeur importante dans le tronc. L’année suivante, elle est souvent abandonnée… et récupérée par d’autres animaux qui ne savent pas creuser :
- mésanges, sittelles et étourneaux ;
- chouettes et chevêchettes ;
- chauves-souris forestières ;
- loirs, écureuils et martres ;
- abeilles sauvages et frelons.
Les pics sont donc considérés comme des espèces « ingénieures » : sans eux, de nombreuses espèces cavernicoles manqueraient d’abris.
Pourquoi tambourinent-ils ?
Le tambourinage n’est pas seulement lié à la recherche de nourriture. Au printemps, c’est surtout un moyen de communication : il marque le territoire et attire un partenaire. Chaque espèce a son rythme propre, ce qui aide les ornithologues à les identifier.
Comment protéger les pics
- Conserver les arbres âgés ou morts lorsqu’ils ne présentent pas de danger : ils sont riches en insectes et idéaux pour creuser.
- Laisser du bois mort au sol dans les jardins et les parcs.
- Éviter les traitements insecticides sur les arbres.
- Planter des essences locales variées.
- En hiver, proposer graisse végétale et cacahuètes non salées dans une mangeoire grillagée.
Questions fréquentes
Un pic peut-il abîmer ma maison ? Cela arrive parfois sur les bardages en bois. Il cherche alors des insectes ou un lieu de nidification : un nichoir adapté à proximité peut détourner son attention.
Les pics sont-ils protégés ? Oui, en France, toutes les espèces de pics sont protégées.