10 fruitiers oubliés à redécouvrir au jardin : arbousier, azérolier, cormier…

Pommiers, poiriers, cerisiers : nos vergers se ressemblent souvent. Pourtant, il existe des dizaines d’arbres et d’arbustes fruitiers autrefois courants, aujourd’hui presque oubliés. Ces fruitiers oubliés offrent des saveurs étonnantes, une belle valeur ornementale et une précieuse diversité pour le jardin et la faune.

Voici dix espèces à redécouvrir, avec leurs atouts et les points à vérifier avant de planter.

1. L’arbousier

Arbuste méditerranéen persistant, l’arbousier porte en même temps fleurs et fruits en automne. Ses baies rouges et granuleuses, appelées arbouses, ont une chair douce qui rappelle la fraise. Il apprécie les sols acides à neutres et les climats doux.

2. L’azérolier

Surnommé « l’aubépine d’Italie », l’azérolier donne de petites pommes rouges ou jaunes au goût acidulé, idéales en gelée. Très résistant à la sécheresse, il convient aux jardins ensoleillés.

3. Le mûrier noir

Ses baies sombres très parfumées se dégustent bien mûres, crues ou en confiture. Attention : elles tachent ! Le mûrier noir forme un bel arbre au port étalé.

4. Le jujubier

Originaire d’Asie et cultivé depuis longtemps autour de la Méditerranée, il produit des fruits ressemblant à de petites dattes, croquants et sucrés. Il aime la chaleur et supporte bien la sécheresse.

5. Le néflier commun

Ses fruits bruns ne se consomment qu’après « blettissement », lorsqu’ils deviennent mous après les premières gelées ou une conservation au frais. Leur goût rappelle la compote de pomme épicée. Arbre rustique et peu exigeant.

6. Le micocoulier

Grand arbre souvent planté pour l’ombre, il porte de petites drupes noires sucrées très appréciées des enfants et des oiseaux. Il résiste bien à la chaleur.

7. Le cormier

Arbre à croissance lente et à grande longévité, le cormier donne de petits fruits en forme de poire ou de pomme, consommés eux aussi blets. Son bois est très dur et recherché. C’est un arbre devenu rare qui mérite d’être replanté.

8. Le prunellier

Arbuste épineux des haies champêtres, il fleurit en blanc très tôt au printemps. Ses prunelles bleu-noir, âpres crues, deviennent intéressantes après les gelées, en liqueur ou en gelée. Il offre un excellent abri aux oiseaux.

9. L’amélanchier

Arbuste élégant aux fleurs blanches printanières et au beau feuillage d’automne, il produit en été de petites baies bleu-violet sucrées, proches de la myrtille. Il est rustique et facile à cultiver.

10. Le cognassier

Ses gros fruits jaunes et duvetés, très parfumés, sont durs et âpres crus mais délicieux en pâte de coing, gelée ou compote. Le cognassier est rustique et décoratif avec ses grandes fleurs rosées.

Pourquoi planter des fruitiers anciens ?

  • Diversité de saveurs : des goûts introuvables dans le commerce.
  • Biodiversité : fleurs pour les pollinisateurs, fruits et abris pour les oiseaux.
  • Rusticité : beaucoup sont résistants et demandent peu de soins.
  • Patrimoine : préserver des espèces et variétés menacées de disparition.
  • Échelonnement des récoltes, de l’été jusqu’à l’hiver.

Avant de planter : les points à vérifier

  1. Le climat : arbousier et jujubier préfèrent la douceur, néflier et amélanchier supportent le froid.
  2. Le type de sol : acide, calcaire, sec ou frais selon l’espèce.
  3. L’espace disponible : le cormier et le micocoulier deviennent de grands arbres.
  4. La pollinisation : certaines espèces fructifient mieux avec un second pied à proximité.
  5. La provenance : achetez chez un pépiniériste spécialisé ou un conservatoire de variétés anciennes.

Plantation et entretien

La meilleure période de plantation est l’automne ou la fin de l’hiver, hors gel. Creusez un trou large, ameublissez la terre, plantez sans enterrer le point de greffe et arrosez copieusement. Un paillage au pied limite la concurrence des herbes et garde l’humidité. Les deux premières années, arrosez en cas de sécheresse.

Questions fréquentes

Peut-on les cultiver en pot ? Amélanchier, azérolier et arbousier nain s’adaptent à un grand bac.

Les fruits sont-ils tous comestibles crus ? Non : nèfles, cormes et prunelles se consomment blettes ou transformées, et le coing se cuit.